Sûr, Sain, Consensuel, certes.
Avoir toujours présent à l’esprit l’intention d’accompagner l’autre vers quelque chose qui l’aide à grandir, grandir soi-même, ne pas encourager ce qui détruit même si c’est cela qui est demandé, certes.
Mais ne pas entrer pour autant dans une version pasteurisée où le jeu n’est qu’amusement, la douleur une caresse continuée par d’autres moyens, les épreuves de romantiques surprises.
Le doute, la rage, le rejet, la difficulté d’obéir ou de subir, la colère, le ressentiment, l’inquiétude d’oublier l’autre pour l’accomplissement de la scène projetée et de se retrouver monstre possédé par les démons qu’on a voulu chevaucher : autant de contradictions sans lesquelles le jeu n’est justement qu’un jeu.
Le plaisir dans la douleur, l’estime de soi dans l’humiliation, la liberté dans l’esclavage, le respect dans la cruauté, ne sont-ce pas autant d’oxymores ?
Si on en élimine contradictions et paradoxes, que reste-t-il du SM ?
Si le SM n’est pas la mise en œuvre de fantasmes insoutenables en quoi se distingue-t-il d’une sexualité classique à laquelle ne sont pas interdites les rêveries les plus extravagantes tant qu’elles restent sagement dans leur tiroir étiqueté “Fantasmes” ?
