Pas plus que pour les autres objets de fétichisme je ne suis fétichiste des pieds.
Ils ne m’obsèdent pas, et je ne leur attribue pas un rôle érotique prioritaire.
Mais si je ne ne suis pas fétichiste, cela ne veut pas dire que je les néglige, que je ne m’y intéresse pas ou que je ne sois pas sensible à leur beauté (quoique sans les isoler, et en particulier la vision de chaussures élaborées ne m’attire qu’en lien avec une silhouette dans son ensemble, ou du moins avec les jambes – en faisant en outre la distinction entre l’émotion esthétique face à une photo, à une personne vu “en vrai” ou à une amante) ou aux jeux qu’ils permettent.
Dans les moments ou les relations plus vanille, je caresse, masse ou embrasse volontiers les pieds de ma partenaire, sans doute pas aussi longtemps ni au détriment du reste que le ferait un fétichiste déclaré, mais c’est un moment de partage apprécié de part et d’autre.
Dans le cadre de la domination, le moment où la soumise s’accroupit ou s’agenouille pour me déchausser et reste à attendre ce qui va suivre est avec moi le rituel qui marque le début de la séance. Signe d’humilité plus que d’humiliation, il marque l’entrée en soumission d’une manière très clairement perceptible et néanmoins très douce.
En revanche, pour la soumise, se faire manier avec les pieds, piétiner, déplacer, explorer les orifices moi debout, elle à terre, ou servir de repose-pieds est vécu comme une situation éprouvante pour l’ego.
En matière de bondage, outre la cheville, évidemment, le pied de la soumise peut faire lui-même l’objet de ligotages esthétiques ou inconfortables, ou servir de support à d’intéressantes doubles contraintes.
Et quoi de meilleur en cette saison, que de réchauffer ses pieds glacés sur un ventre ou entre des cuisses tièdes et offerts ?