Avertissement préalable : depuis que j’ai mis ce billet en ligne voici quelques mois, j’ai constaté à ma grande surprise que c’est lui qui amène le plus grand nombre de visiteurs sur ce blog, parce que visiblement beaucoup de gens cherchent “contrat de soumission” sur Google !
Est-ce que cette lecture, qui ne correspond certainement pas à ce que viennent chercher la plupart des visiteurs au départ, vous déçoit, vous agace, vous intéresse, vous fait réfléchir ? Qui que vous soyez, que vous soyez intéressé(e) ou que vous ayez eu l’impression de vous être fait avoir, je serais curieux d’avoir vos réactions et vos commentaires !
Oui, il y a un droit des obligations contractuelles, un droit à l’image, un droit à l’intégrité physique aussi.
Mais dans la fiction qu’est le jeu de soumission, les deux partenaires vont feindre une inégalité, une asymétrie, un abandon du libre arbitre.
C’est dans ce contexte, et dans le cadre des buts du jeu que les principes fondamentaux peuvent être subvertis : la douleur infligée en séance n’est pas la violence conjugale, l’humiliation explicite ou de situation n’est pas le manque de respect, la mauvaise foi assumée n’est pas la malhonnêteté, elles n’en sont que des stylisations.
À la différence d’une œuvre de fiction ou d’un jeu en ligne, le jeu bdsm n’est pas que symbolique : les coups laissent des marques, l’humiliation peut faire venir les larmes, les actes “inacceptables” peuvent être posés.
S’il s’agit de confiance et de règles, nous ne sommes pas dans le domaine du droit.
En droit, chacune des parties a un intérêt et ne se soucie que de défendre celui-ci. Si je signe un contrat, je dois en assumer toutes les conséquences. Une compagnie d’assurances est plus implacable que le plus sévère des dominateurs. Inversement, un contrat me donne la possibilité de jouir de tout ce qui est prévu par lui, sans restriction.
Dans la relation, il faut l’espérer du moins, chacun a à cœur les attentes, les envies, la satisfaction (directe ou indirecte) de l’autre. Confondre les deux cas de figure conduit à des contresens : la confiance que me donne ma soumise n’est pas une liste limitative de demandes et de refus qui ne m’interdirait totalement certaines choses que pour m’autoriser tout aussi totalement toutes les autres sans considération de ses états d’âme.
D’où l’inanité des soi-disant contrats de soumission pour peu que les partenaires apportent un peu de subtilité dans leur écoute de l’autre, dans l’expression de leur désirs et de leur craintes.
Ce à quoi la soumise consent, c’est l’arbitraire que je m’octroie, et si elle le fait c’est que sa confiance en moi est au-delà d’un catalogue de pratiques, que si j’abuse d’elle ce sera de façon contrôlée et attentive, en sachant que mon souci premier est de continuer à mériter cette confiance dans la durée.
Quand je bouscule son corps ou son ego, je le fais de façon délibérée pour l’effet que je compte produire en elle et pour elle, pas pour profiter d’elle ni pour assouvir mes envies en la négligeant. Certes, je peux passer à côté de la plaque, il y a un risque, pour elle comme pour moi, et qui réside dans les faiblesses du dialogue bien plus que dans les actes eux-mêmes (parce qu’il n’y a pas que la soumise qui déguste salement…) Mais c’est le prix de la liberté et de l’abandon…
(Publié à l’origine dans le cadre d’une discussion effacée depuis sur le forum S&M sur les photos prises lors d’une séance, leur usage dans la relation, et par digression les aspects liés au respect (ou non) du droit à l’image)
Bonjour
Cette analyse me semble bien correspondre à la réalité des relations dans le monde BDSM…
cordialement
un seul mot ou une seule petite phrase ……. mais merci.
Enfin un blog, des billets ou l’on arrête d’intellectualiser a tout prix le BDSM ou la relation D/s. Je suis toute nouvelle dans la relation D/s mais avec mon amoureux depuis + de 10 ans. On a parlé et encore et encore et un jour la fessée tant attendue est venue.
Nous vivons NOTRE D/s comme il vient, comme il nous fait plaisir, comme nous le ressentons dans nos envies.
Je n’ai pas envie d’y “penser” sans arrêt, de me demander si je suis dans une “norme” BDSM, j’aime mon Dom j’aime mon mari…………